« C’est avec un immense chagrin que les producteurs exécutifs David Milch et Michael Mann ont décidé ensemble avec HBO de cesser toute production future de la série (…) La sécurité est toujours la préoccupation première. Durant la production, nous avons maintenu les standards de sécurité les plus élevés, d’ailleurs plus élevés que n’importe quel autre protocole existant ailleurs dans la course hippique (…) Mais pendant que nous maintenions ces standards, des accidents sont malheureusement survenus et il est impossible de garantir qu’il n’y en aura pas d’autres dans le futur. Ensemble, nous en sommes donc arrivés à cette difficile décision. »
C’est à la suite de la mort d’un cheval, le troisième, sur le tournage Luck, que la décision fut donc prise de stopper la série. Le 13 mars dernier sur la piste de Santa Anita, le cheval conduit à l’écurie se cabre, tombe et se blesse sérieusement à la tête. Insoignable, il sera euthanasié. Auparavant deux autres chevaux sont morts suite à des blessures. Le tournage suivi par un des membres de la American Humane Association, assistant au tournage depuis le début, demande la suspension immédiate du tournage. L’accident de trop pour HBO.
On est bien évidemment triste pour la mort de ces animaux. Mais n’y a t’il pas deux poids, deux mesures? Chaque année de nombreux chevaux meurent sur les champs de course. Parfois en plein milieu de celle-ci, sans pour autant l’annuler. Et on ne parle pas des décès de jockey écrasés par une bête de 500 kilos à pleine vitesse. Forcément un tel sport comporte une grande partie de risque. Et j’ai peine à croire qu’aux États-Unis, avec tant de regard porté sur la série, la production n’est pas fait le nécessaire pour limiter les accidents. Sur environ 2500 séquences de course, il y a eu « réellement » deux chevaux morts. C’est toujours deux de trop me direz vous. Mais pourquoi faire tant de différence entre l’industrie du divertissement et celui du jeu. Un cheval peut mourir pour de l’argent mais pas dans une démarche artistique malgré toutes les précautions prises.
Ce n’est au fond pas bien grave, pour l’arrêt de la série, mais décevant de voir que certaines choses restent justifiables uniquement pour l’argent. En tout cas malgré des chiffres moyens en terme d’audience, HBO souhaitait réellement prolongé l’aventure. À l’image de la série Treme, succès artistique indiscutable mais qui n’explose pas les scores. Un geste plus qu’appréciable de la chaine, qui a toujours voulu combiné le succès critique et commercial sur l’ensemble de ses productions. Quand à Luck, il en restera malgré tout une excellente première saison, ambitieuse et pas forcément accessible aux premiers abords mais d’une grande richesse.


